Fin mars, les équipes de Techfina Romandie, Winterthur et Metz se sont réunies à l’occasion d’une journée technique consacrée à la digestion anaérobie.

Au programme, visites des stations d’épuration de Vidy et de Penthaz suivies d’une présentation organisée par Techfina Romandie sur les principes de la digestion et les réalisations. Une occasion pour renforcer les échanges entre les trois bureaux, partager des retours d’expérience et consolider notre savoir-faire commun.

Visite de la station d’épuration de Vidy

La station d’épuration de Vidy dimensionnée pour 400’000 équivalents habitants, dispose de deux digesteurs en béton de 5000 m3 chacun. Ces ouvrages permettent de traiter les boues d’épuration en valorisant leur contenu organique sous forme de biogaz. Les boues épaissies, les flottants ainsi que des apports extérieurs (graisses ou boues déshydratées) y sont introduits.

Le biogaz subit ensuite différentes étapes de traitement avant d’être injecté dans le réseau de gaz naturel.

Visite de la station d’épuration de Penthaz

La station d’épuration de Penthaz (15’000 équivalents habitants) est équipée d’un digesteur de 680 m3. Alimenté par les boues issues de l’épuration de l’eau ainsi que par des apports externes, ce digesteur permet à la STEP de produire, environ 20% d’énergie en plus qu’elle n’en consomme.

Un exemple concret de performance énergétique et de valorisation des boues.

La digestion des boues d’épuration

La digestion anaérobie est un procédé biologique. Elle consiste à dégrader la matière organique contenue dans les boues d’épuration grâce à l’action de bactéries spécifiques, en absence d’oxygène.

Concrètement, les boues sont acheminées dans un digesteur où elles sont brassées et chauffées pendant plusieurs jours. Lors de ce séjour dans le digesteur, plusieurs étapes vont se succéder, chacune assurée par des groupes de bactéries spécifiques :

  1. L’hydrolyse : les bactéries dégradent les matières organiques complexes (graisses, protéines, sucres) en éléments plus assimilables pour les autres micro-organismes.
  2. L’acidogénèse : les composés simples sont transformés en acides gras, alcool, hydrogène et gaz carbonique.
  3. L’acétogénèse : les bactéries convertissent ces produits intermédiaires en acétate, hydrogène et gaz carbonique qui sont les précurseurs du méthane.
  4. La méthanogénèse : les bactéries dégradent l’acétate, l’hydrogène et le gaz carbonique produisant ainsi le biogaz.

Le biogaz, peut ensuite être valorisé sous forme d’énergie qui peut être utilisée directement dans la station d’épuration, ou réinjectée dans le réseau de ville.

Le biogaz en quelques chiffres

1m3 de biogaz correspond environ à :

0,6 m3 de gaz naturel 6 kWh d’électricité 1L d’alcool à brûler 0,7L d’essence 0,6L de mazout 0,8kg de charbon

Une ressource énergétique locale, renouvelable et directement valorisable.

Les avantages de la digestion anaérobie

La digestion des boues d’épuration présente plusieurs avantages :

  • Réduction et stabilisation des boues : diminution des volumes et des odeurs, la digestion mésophile détruit 99% des germes pathogènes.
  • Optimisation des coûts : moins de boues à évacuer, donc des coûts de transport et de traitement réduits.
  • Production d’énergie verte : autonomie énergétique partielle ou totale, et même possibilité de recettes supplémentaires.
  • Valorisation durable : transformation d’un déchet en ressource.

Ces visites illustrent concrètement notre maîtrise des ouvrages de digestion anaérobie, de la conception à la réalisation.

Chaque projet est conçu sur mesure pour optimiser la performance énergétique, la fiabilité des installations et la valorisation du biogaz.